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La communauté du Cénacolo : "aimer sa vie, accepter son histoire et qui on est"

Miguel et Johan, deux jeunes de la communauté du Cénacolo d’Hondeghem près d’Hazebrouck sont venus rencontrés les jeunes du LEG (2nde), de l’UFA (cap et bac pro) et du LP (1ére vente et GA). Ils ont offert un témoignage de vie.

Le Cenacolo est né en Italie près de Turin en 1983. Il a été fondé par une religieuse (Sœur Elvira) en réponse au mal-être de nombreux jeunes, perdus dans le monde des addictions, marginalisés et désespérés en recherche de sens à leur vie. Dans un accueil gratuit et une éducation exigeante, le Cenacolo propose un style de vie communautaire simple et familial : l’amitié sincère comme fondement des rapports humains, la redécouverte du travail et des responsabilités, la prière comme réponse aux blessures. Le but étant que les jeunes retrouvent dignité et joie de vivre.

 

Miguel, jeune d’une trentaine d’années, a perdu sa mère très jeune : « mon père n’était jamais présent à la maison. J’ai grandi dans une ambiance de solitude, d’isolement. Il n’y avait pas d’adulte pour me dire de faire comme ça ou comme ça. Ce manque m’incitait à l’école à attirer l’attention des autres, une attention que je n’avais pas à la maison. A 14 ans je suis entré au lycée. J’ai commencé à fumer, à boire, fumer des joints et ne plus trop fréquenter l’école mais des mauvaises personnes toutes plus âgées que moi. Après j’ai commencé à rechercher un travail, j’ai arrêté l’école. Je cherchais à avoir toujours plus d’argent pour avoir ce que les autres n’avaient pas, pour pouvoir faire la fête avec les amis… A cette époque, c’était très attirant comme vie. Je pensais n’avoir aucun problème. » Après le cannabis, Miguel s’enfonce dans la cocaïne et la dépendance. Il fait plusieurs cures de désintoxication mais replonge à chaque fois : « On me donnait des médicaments mais on ne cherchait pas d’où venait ma souffrance. En fait, j’ai jamais accepté mon histoire, j’ai jamais accepté de ne pas être un garçon normal, de ne pas avoir reçu l’amour de ma mère. »  Quand Miguel est arrivé au Cénacolo, il a dû arrêter tous ses médicaments : « Pour moi ce fut un signe de délivrance, de liberté. »

 

Dans la communauté du Cénacolo, pas de télévision, pas d’internet, ni de téléphone portable mais une vie exigeante basée sur la prière, le travail et l’amitié.

« Pour moi, poursuit Miguel, les rapports vrais sont sans doute le plus importants dans mon expérience au Cénacolo. Avant, il y avait beaucoup de faussetés, de mensonges dans ma vie. On porte toujours des masques. Au début, ce n’était pas facile car les autres membres de la communauté et en particulier, l’ange gardien, peuvent faire des remarques sur notre comportement, la manière dont on travaille… C’était difficile d’entendre cela mais j’ai compris après que c'était fait pour m’aider, dans la sincérité, le respect et le pardon mutuel.  Etre pardonné et pardonner. Etre accueilli et accueillir. »

 

Sœur Elvira, la fondatrice, insiste sur un dernier point : il faut apprendre à s’aimer, aimer sa vie (avec ses blessures), se savoir vivant et se respecter, être soi-même : « étreindre sa propre vie, aimer sa vie, accepter son histoire, qui on est. » Et avec le temps, la joie et à la confiance dans l’avenir reviennent peu à peu.